République, socialisme et laïcité. Parution des deux premiers titres de la "Bibliothèque républicaine", dirigée par Vincent Peillon, avec le concours du Centre national du livre (CNL), aux éditions du Bord de l'Eau :

Benoît Malon, La Morale sociale (1885), présenté par Philippe Chanial. Justement préfacée par Jaurès, La Morale sociale est certainement, avec son Socialisme intégral (1890), l’œuvre la plus représentative de la singularité du socialisme de Malon. Développant son rapport critique au matérialisme, manifestant sa volonté de contenir, au double sens du terme, le marxisme dans une nouvelle synthèse doctrinale qui laisserait toute sa place à la tradition socialiste française (Saint-Simon, Fourier, Pecqueur, Blanc, Proudhon), ce texte défend un socialisme moral. De la même façon que Jaurès cherchait dans les replis du socialisme allemand, derrière son bouclier matérialiste, le souffle de l’idéalisme, Malon vise à intégraliser la pensée socialiste, à ranimer son "sentimentalisme généreux" contre le trop exclusif et réducteur fatalisme économique de ses lois historiques. Résolument évolutionniste, cette somme, passant en revue le développement de la morale sous ses formes religieuses, philosophiques, matérialistes et panthéistes, montre comment à chaque période historique réciprocité, altruisme et sociabilité progressent, combien le "frisson vivifiant de la sympathie universelle" s’y diffuse.

Ferdinand Buisson, La Foi laïque, présenté par Mireille Gueissaz. Prix Nobel de la paix (1927), président de la Ligue des Droits de l'homme et de la Ligue de l'enseignement, fondateur du Parti radical-socialiste Ferdinand Buisson (1841-1932), a non seulement été le directeur de l'enseignement primaire durant les 17 années de l'établissement de la IIIe République, mais aussi comme philosophe, le théoricien le plus exigeant et le plus accompli de la laïcité française. Protestant libéral, philosophe spiritualiste, ami de Jaurès, pédagogue exemplaire, militant pacifiste engagé dans la lutte contre le Second Empire, ce disciple de Quinet fait le lien entre l'idéal humanitaire des démocrates-socialistes et l'idéal républicain d'une IIIe République qui ne peut se réduire au seul positivisme de Littré et de Ferry. Au moment où la République s'interroge sur le crise de l'esprit public qui la fragilise et l'inquiète, il est urgent de redécouvrir celui qui fut le plus vigoureux théoricien d'une République laïque qui est aussi une République spirituelle.

Déjà paru, dans la même collection : Jean Jaurès, Pour la Laïque, et autres textes, présenté par Laurence Loeffel (avril 2006).

A paraître : Célestin Bouglé, Les Idées égalitaires, présenté par Serge Audier (juillet 2007) ; Anthologie de Pierre Leroux, par Bruno Viard (juillet 2007) ; Léon Bourgeois, Solidarité, présenté par Marie-Claude Blais (octobre 2007) ; Alfred Fouillée, La Propriété sociale et la démocratie, présenté par Jean-Fabien Spitz (octobre 2007)...