Alfred FOUILLÉE, La Propriété sociale et la démocratie

Présentation de Jean-Fabien SPITZ

Editions Le Bord de l'Eau. Bibliothèque républicaine dirigée par Vincent Peillon

Format: 13 x 20 — 400 pages. EAN : 9782915651904

Qui est alfred fouillée (1836-1912) ?

Son œuvre – très abondante – renouvelle la méthode de lecture des textes philosophiques mais elle a surtout constitué une source d’inspiration très importante pour l’ensemble des idées solidaristes qui ont caractérisé la pensée politique de la troisième république, parce qu’elle tente de surmonter l’antagonisme supposé entre la liberté individuelle et la détermination par les ensembles sociaux. Fouillée est clairement à l’origine de l’idée que les société sont à la fois des organismes et des associations librement consenties, ce qui impliquait à ses yeux que les droits individuels soient l’objet d’un strict respect sans que, pour autant, il soit possible de nier la réalité ou l’objectivité des rapports d’interdépendance qui fondent l’obligation de solidarité et d’assistance mutuelle dans l’organisme social. À cet égard Fouillée était bel et bien reconnu par les républicains du tournant du siècle comme une sorte de père fondateur.

Le livre

Dans le contexte de l’assaut contemporain contre la légitimité de l’Etat redistributeur de ressources, les ultra libéraux défendent l’idée du caractère inconditionnel et absolu de la propriété privée : fondée sur le travail, celle-ci ne devrait pouvoir être taxée que pour acquitter les frais d’un Etat protecteur réduit à ses fonctions régaliennes et ne peut jamais être saisie que contre une juste compensation. Le livre d’Alfred Fouillée La Propriété sociale et la démocratie participe d’un vaste mouvement intellectuel qui a tenté au contraire de montrer que la propriété individuelle comporte nécessairement une contribution de la nature – chose commune à l’espèce humaine – et une contribution inestimable de la société toute entière, présente et passée ; chaque propriétaire privé est donc comptable d’une dette pour l’utilisation qu’il fait des ressources communes et pour la part de valeur – considérable - dont la collaboration sociale enrichit ses biens. En ce sens, la propriété privée n’est légitime que lorsqu’elle a acquitté cette dette et elle ne saurait jamais revêtir un caractère inconditionnel. Que la propriété privée soit ainsi grevée d’une dette sociale ne signifie cependant pas qu’elle puisse être redistribuée mais seulement qu’elle doit contribuer activement - par le biais d’un Etat qui assume des fonctions sociales – à la formation des générations futures et à la promotion de l’égalité des chances.

L'auteur

Jean-Fabien Spitz, professeur de philosophie politique à l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne, a récemment publié Le Moment républicain en France (Gallimard, 2005).

La librairie du Cercle social Edgar Quinet