LE PROGRAMME DU SAMEDI 19 JANVIER APRES-MIDI à la Maison de la Chimie, 28 bis, rue Saint Dominique, 75007 PARIS

14H30 : INTRODUCTION ► François REBSAMEN Maire de Dijon. 14H45 : ► Ségolène ROYAL Présidente du Conseil Régional de Poitou Charente. ► Gaétan GORCE Député de la Nièvre, Maire de La Charité sur Loire. ► Manuel VALLS Député-Maire d'Evry. ► Marisol TOURAINE Députée de l'Indre et Loire. ► Pierre MOSCOVICI Député du Doubs. ► André VALLINI Président du Conseil Général et député de l'Isère. 16H15 : DÉBAT AVEC LA SALLE 17H45 : CONCLUSION DES TRAVAUX. ► Vincent PEILLON Député Européen.

Institut Edgar Quinet


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Les socialistes rénovent leur doctrine par petites touches / LE MONDE | 19.01.08 |

Eprouvé par l'étalage de ses divergences sur l'Europe et une sourde guerre des chefs, le PS ne donne pas le sentiment d'un parti engagé de plain-pied dans la refonte du logiciel socialiste dont la campagne présidentielle a mis en lumière les lacunes.

Les trois Forums de la rénovation engagés à l'initiative de François Hollande, dont le dernier, consacré à la montée de l'individualisme, se tient dimanche 20 janvier, n'auront sans doute pas été inutiles. Toutefois, limités à des échanges sur une demi-journée, ces débats qui ont évité les questions qui fâchent et n'ont donné lieu à aucun vote ne peuvent pas suffire à déclencher le signal de la rénovation promise.

Durant l'année qui suivit la défaite de Lionel Jospin à l'élection présidentielle de 1995, trois conventions thématiques - visant à élaborer des propositions ratifiées par les adhérents - furent organisées sur "La mondialisation et l'Europe", "Les acteurs de la démocratie" et "Le programme économique et social", dont les 35 heures. Ces débats, souvent animés, alimentèrent le programme avec lequel la gauche remporta les élections législatives de 1997. Or la dernière convention thématique (intitulée "Diagnostic sur la société française") remonte à mars 2005.

Nombre de socialistes ont pourtant commencé à réfléchir à la remise en ordre de marche de la doctrine de leur parti. Créé en 2007 par Vincent Peillon, membre de la garde rapprochée de Ségolène Royal, l'Institut Edgar-Quinet, destiné à la formation professionnelle des élus, veut contribuer "au réarmement idéologique et culturel de la gauche".

"L'ESTIME DE NOUS-MÊMES"

Du 17 au 20 janvier, il a rassemblé universitaires, intellectuels et responsables politiques sur le thème des inégalités. Au programme : les fondements historiques et philosophiques du socialisme, la discrimination positive, la crise du modèle social français. "On a beaucoup parlé du silence des intellectuels, mais c'est surtout la surdité des politiques qui est en cause", assure M. Peillon, qui regrette que "la gauche se soit fait voler les valeurs de liberté". L'Institut Edgar-Quinet prévoit aussi de se pencher sur l'Europe, la sécurité, l'éducation ou la mondialisation.

De son côté, Benoît Hamon, proche d'Henri Emmanuelli, a fondé, à l'automne 2007, La Forge, en compagnie du député Vert Noël Mamère. Ce think tank (groupe de réflexion) a mis en place plusieurs cycles de conférences sur le thème du pouvoir d'achat et a chargé ses experts de répondre au rapport sur les leviers de la croissance commandé par le président de la République à Jacques Attali. "Dans cette phase de reconstruction, il faut créer des lieux qui produisent de la réflexion et exercent un lobbying efficace, à l'anglo-saxonne", souligne M. Hamon. La Forge et la Fondation Jean-Jaurès, liée au PS, ont été retenues pour participer à l'élaboration du manifeste du Parti socialiste européen (PSE).

Réunis autour de Manuel Valls et Gaëtan Gorce, les "rénovateurs" du PS ont mis à contribution des grands témoins afin de "refonder le clivage droite-gauche". Ils s'interrogent sur la remise en question de la notion d'intérêt général induite par la nécessité de concilier contraintes environnementales et croissance économique ainsi que sur les moyens de prendre en considération une demande sociale "de plus en plus éclatée". "La gauche est restée sur le schéma des "trente glorieuses" et le PS, comme une Belle au bois dormant, se réveille mais le monde a changé et il a du mal à le comprendre", résument les rénovateurs. Quant au groupe dit des "reconstructeurs", il s'est engagé dans un autre genre de joute intellectuelle ; rapprocher sans tabou les points de vue des strauss-kahniens, fabiusiens, emmanuellistes et partisans d'Arnaud Montebourg, y compris sur l'Europe.

Ces initiatives s'inscrivent en dehors des instances de réflexion du parti. "Le PS a donné trop d'importance à la déprime française ; il a adopté une attitude qui a réduit sa marge de propositions et l'a empêché d'incarner le changement", constate Gérard Grunberg, directeur de recherches CNRS au Centre d'étude de la vie politique française (Cevipof). Le congrès de 2008 sera-t-il l'occasion de renouer enfin avec les débats "de fond" ? "C'est en travaillant davantage que nous regagnerons d'abord l'estime de nous-mêmes mais aussi l'estime des Français", assure André Vallini.

Le député de l'Isère a présidé la commission de préparation du dernier Forum de la rénovation, où étaient représentés tous les courants du PS. "Pendant des soirées entières, dit-il, nous avons réfléchi, écrit, discuté, débattu, et j'en tire une leçon : quand notre réflexion n'est pas encombrée par les questions de personnes, polluée par les postures ou parasitée par les candidatures, nos convergences sont infiniment plus fortes que nos divergences."

Jean-Michel Normand (Article paru dans l'édition du 20.01.08)


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Royal : "Déculpabiliser le droit à la réussite personnelle"

AFP 19.01.08 | 19h18

Ségolène Royal a affirmé samedi à Paris que la gauche devait "déculpabiliser le droit à la réussite personnelle" et se préoccuper davantage "des classes moyennes".

L'ex-candidate socialiste à l'élection présidentielle a souhaité dissiper "trois malentendus" entre la gauche et les Français, à la séance de clôture de trois jours de réflexion sur le thème "inégalités et justice sociale", organisées à la Maison de la chimie par l'Institut Edgar Quinet.

Selon Mme Royal, très applaudie par un parterre d'environ 700 personnes, "la lutte contre les inégalités ne se réduit pas à la lutte contre l'exclusion, elle doit aussi englober les classes moyennes" que le discours de la gauche "a mises mal à l'aise".

La présidente de Poitou-Charentes a souhaité que la gauche insiste sur le besoin de "faire repartir l'ascenseur social, en faisant bien comprendre aux catégories moyennes que la gauche s'adresse à elles".

Deuxième malentendu à lever, "la lutte contre les inégalités n'est pas une remise en cause du droit à la réussite individuelle". Selon Mme Royal au contraire, "la mission de la gauche est d'universaliser le droit à la réussite personnelle". "La gauche doit non seulement le permettre, mais le déculpabiliser et même l'encourager" car son objectif "n'est pas le nivellement mais l'épanouissement de la personne".

Enfin, il faut combattre l'idée que la justice sociale serait "un frein à la création de richesses". C'est à l'inverse "un facteur de croissance (...), le synonyme de l'esprit d'entreprendre et du goût du risque".

Pour la responsable socialiste, il faut "repenser la question des inégalités de façon un peu provocatrice". "Ce n'est pas renoncer à nos racines", a-t-elle dit, citant Jean Jaurès.

Organisateur de ces journées, l'eurodéputé Vincent Peillon, proche de Mme Royal, avait réuni à la tribune, outre l'ex-candidate, les strauss-kahniens Pierre Moscovici et Marisol Touraine, les députés Gaëtan Gorce ("rénovateur") et André Vallini (proche de François Hollande).

Estimant qu'on assistait aujourd'hui au développement d'"une forte demande de promotion individuelle" et même de "montée de l'individualisme", M. Moscovici a appelé les socialistes à ne pas être "conservateurs", en critiquant "une forme d'immobilité sociale".

M. Gorce a préconisé "un audit" de "toutes les politiques de redistribution et de solidarité" et "une réforme en profondeur des services publics et de la protection sociale" pour qu'ils "répondent aux objectifs qui leur ont été assignés". Comme il faut "stabiliser les prélèvements obligatoires" alors que "les besoins sociaux augmentent", "nous serons amenés à faire des choix".

Selon Mme Touraine, "l'une des principales erreurs de la gauche a été de laisser la droite préempter ce beau mot de responsabilité".

M. Peillon a exhorté la gauche à "retrouver la tradition perdue et oubliée du socialisme français" qui est "l'héritier du libéralisme, au sens politique du terme, et le meilleur accomplissement du libéralisme".

Pour en finir avec "les discriminations négatives" engendrées selon lui par des politiques redistributives non discriminantes, il a prôné "des politiques différenciées selon la situation des uns et des autres".

M. Peillon a invité M. Moscovici à rejoindre le combat pour la rénovation du PS. "Il faudra que Pierre soit des nôtres", a-t-il dit.