Massacre de Céline
Par A P le samedi 8 janvier 2011, 00:32 - Histoire - Lien permanent
L’actualité culturelle des dernières années ne fait que confirmer un
engouement massif pour un écrivain dont la haine antisémite n’est un mystère (à
peine un secret de famille) pour personne depuis la fin des années trente. La
célébration perpétuelle du « génie » célinien, depuis les années
cinquante, est un des symptômes culturels les plus forts de la banalité
séculaire de l’antisémitisme français et de l’importance toujours occultée de
« l’héritage de Vichy » dévoilé par le grand historien américain
Robert O. Paxton il y a déjà presque 30 ans. En cette veille du cinquantième
anniversaire de la mort de Céline, commémorations et embaumements éditoriaux
risquent d'atteindre des sommets. Un livre, Massacre de Céline, à
paraître en juin 2011, entend bien gâcher la fête...
Ouverture : Massacre de Céline




Commentaires
Qu'a-t-il de particulier ce Céline, au sein d'un panthéon littéraire français truffé de poivrots, drogués, pédophiles, paranoïaques, assassins .... ?
C'est à la fois une grande plume et un sale type voilà tout.
Dernière heure : Le nom de Céline, antisémite notoire, a été retiré vendredi soir du calendrier des célébrations nationales de 2011 sur décision du ministre de la Culture Frédéric Mitterrand. "Après mûre réflexion, et non sous le coup de l'émotion, j'ai décidé de ne pas faire figurer Céline dans les célébrations nationales", a annoncé M. Mitterrand vendredi soir (21 janvier) lors d'un point de presse. "Ce n'est en aucun cas un désaveu à l'égard du Haut comité (chargé d'établir la liste des personnalités célébrées) mais une inflexion que j'assume pleinement", a-t-il ajouté. Serge Klarsfeld, président de l'association des fils et filles de déportés juifs de France (FFDJF), s'est réjoui de cette décision qu'il avait réclamée. "J'adresse mes félicitations à Frédéric Mitterrand d'avoir eu le courage de désavouer ceux qui, dans son ministère, ont laissé passer cette bourde", a-t-il dit à l'AFP.
En 1975, après avoir lu un magnifique article de Bertrand Poirot Delpech dans le Monde, j'achetais sur ses conseils « Une certaine France » de Philippe Ganier Raymond.
Les citations de Céline étaient suffisamment abondantes pour que l'on sache à quoi s'en tenir.
À quelque temps de là, je découvrais dans une librairie les mêmes livres avec des pages arrachées par décision de justice : il était interdit de savoir ce que Céline avait dit...
Enseignant pendant fort longtemps, combien de fois ai-je entendu l'éloge de Céline, prononcé par des profs de lettres, de gauche, antinazis !!!
Ils étaient sensibles à « la petite musique » qui émanait de ses textes, reprenant la formule d'un grand intellectuel ex-communiste, peut-être Jacques Henric.
Et absolument incapables de lire ce qui était écrit, à savoir un incessant appel au meurtre.
Cela nous avait poussé, ma compagne et moi-même, à manifester avec ces quelques mots sur le ventre : « Dis-moi, Céline, les années ont passé... ». Il s'agissait pour les manifestants de protester contre l'antisémitisme ambiant. Le propos pouvait paraître très hermétique, mais dès la sortie du métro pour rejoindre le cortège des manifestants, nous avons été apostrophés par une dame d'aspect très convenable en ces termes : « Vous n'avez pas le droit ! Céline était un grand écrivain, quand même ! »