L’abjection antisémite et misogyne de Louis-Ferdinand Céline atteint des records en salle des ventes. Des manuscrits et lettres de l’écrivain nazi ont été adjugées 175 000 euros, le mardi 10 mai 2011, par Artcurial. Dans ce lot, trente-six lettres formant une correspondance inédite avec le docteur Alexandre Gentil, médecin militaire et ami de Céline, sont parties pour 99 700 euros. Datant d'une période allant de 1939 à 1948, ces reliques sont imprégnées de l’antisémitisme et de la misogynie de l’auteur des Bagatelles pour un massacre, notamment à l'égard de sa secrétaire ou d'Elsa Triolet, la femme du poète Aragon. D’où leur succès faramineux aux enchères parisiennes.

(Article extrait de ''Céline, un antisémite exceptionnel'', Le Bord De L'eau, 2011 ; première note de lecture / Les Influences)

Qui discutera que les ventes auxenchères, dans une société où la marchandisation de la vie règne presque sans partage1,sont devenues les lieux et instants de la valorisation (au sens de mesure de la valeur) la plus pertinente des œuvres2 ? Or, à l’aune des enchères, Céline bat désormais des « records », d’ailleurs salués avec enthousiasme par la presse la plus politiquement correcte3.Maxime Rovere remarque très judicieusement : « Cet emballement révèlela place exacte du bonhomme dans l’imaginaire contemporain. Pour Céline comme pour d’autres, on reconnaît dans le succès marchand une forme sécularisée de l’antique dévotion aux reliques des saints. (…) Mais le principal de cette bonne affaire est évidemment l’odeur de soufre qui l’entoure. Si Céline vaut plus cher que Proust, c’est que nombreux sont ses textes frappés du sceau de l’interdit, de l’exil, de la prison ou de la proscription. Qu’il s’agisse des pamphlets ou des lettres du prisonnier, Céline a souvent tracé ses écrits de l’autre côté de la loi (juridique ou morale). »4

De ce point de vue sonnant et trébuchant, il va de soi que l’année 2011, grosse d’une promesse commémorative, devrait produire quelques juteuses aubaines. En mars 2010, on pouvait lire ainsi, sur une page du site Le Petit Célinien, l’annonce suivante : « La librairie Eric Fosse et l’étude Neret-Minet préparent pour 2011 une vente à Drouot exclusivement d’œuvres de Céline pour le cinquantenaire de sa mort et recherchent donc des pièces rares (livres sur grand papier, manuscrits et lettres, objets...). Contact :… » Les réjouissances aux enchères sont programmées pour le17 juin 2011. De belles « pièces » sont d’ores et déjà annoncées : un des cent exemplaires sur Alfa, seul grand papier après les vingt sur Arches, du Voyage au bout de la nuit ; un des exemplaires sur Ingres brun, papier du tirage de tête, du pamphlet (anti-Sartre) titré A l’agité du bocal ; les tirages de tête de Mort à crédit et de Casse-pipe illustrés par Tardi, avec les dessins originaux ; toutes les planches gouachées par Gen Paul pour l’édition de 1942 de Mort à crédit ; des morceaux des manuscrits de D’un château l’autre et de Féerie pour une autre fois ; et des lettres en veux-tu en voilà, dont certaines inédites, adressées à Lucien Descaves, Albert Paraz, Arletty, Henri Monnier, Georges Geoffroy…

D’ores et déjà, des manuscrits et lettres de Louis-Ferdinand Céline ont été adjugées 175 000 euros, le mardi 10 mai 2011, par Artcurial. Dans ce lot, trente-six lettres formant une correspondance inédite avec le docteur Alexandre Gentil, médecin militaire et ami de Céline, sont parties pour 99 700euros, a précisé la société organisatrice de la vente. Datant d'une périodeallant de 1939 à 1948, ces reliques « balayent l'histoire la plus noire de Céline, c'est-à-dire l'exil et la Deuxième guerre mondiale », expliquait, avant la vente, Olivier Devers, spécialiste des livres et manuscrits chez Artcurial. Selon la même source, citée par l’agence Reuters, le « style (de l'écrivain) éclate dans les lettres, où transparaît aussi son antisémitisme et sa misogynie (je souligne), notamment à l'égard de sa secrétaire ou d'Elsa Triolet, la femme du poèteAragon »5.

Mais 2011 ne fera, in fine, que prolonger la liste des nombreuses prouesses mercantiles de la marchandise célinienne, dont certaines méritent d’être relevées, pour mémoire.Le lundi 18 juin 2001, à Brest, lors de la vente d’une quarantaine de lettres autographes de l’écrivain, écrites entre 1941 et 1958, « le prix record de 71 000 francs (10 824 euros), près de dix fois l’estimation de départ, a été atteint par une lettre datée du 25 mai 1947 dans laquelle l’auteur décrit ses difficiles conditions de vie au Danemark (où il s’est exilé après la Libération) et se défend d’avoir collaboré avec l’Allemagne nazie »6.Un hors commerce sur Japon de Mort à crédit faisait monter les enchères jusqu’à 118 500 euros, à Drouot (Paris), en 2002. Deux ans plus tard, un des dix exemplaires hors commerce sur Arches du Voyage au bout de la nuit était vendu 78 000 euros à Drouot. Un autre atteignait les 120 000 euros, en 2007, chez Sotheby’s Paris. En 2009, un tirage de tête de Nord, pourtant relativement peu recherché, fut adjugé au prix de 30 000 euros, à Drouot toujours…

L’année 1981 fut un premier millésime faste, de ce point de vue, les Œuvres complètes de Céline (moins les pamphlets) commençant alors d’être publiées (jusqu’en 1983), avec une présentation de Frédéric Vitoux et des illustrations originales de Raymond Moretti, en neuf volumes, par le Club de l’Honnête Homme (!). Ce très bel ensemble bien relié affichait, déjà, des chiffres de tirage considérables, ce qui est symptôme d’une fièvre bibliophilique exceptionnelle : 6000 exemplaires tirés« sur Vélin de Rives et sur Vergé fabriqués spécialement par les Papeteries Arjomai-Prioux », qui constituent l’« Edition originale » ; 5700 exemplaires « sur Vergé, illustrés et numérotés » ; 300 exemplaires, enfin, « sur Vélin de Rives, illustrés et numérotés de I à CCC », chacun étant « accompagné d’une lithographie originale de Moretti ». Du grand art… et un bon placement, l’ensemble du tirage atteignant aujourd’hui la valeur totale d’environ 9 millions d’euros, sans compter celle des exemplaires tirés à 300 exemplaires avec litho originale (aucun n’est actuellement à vendre, à ma connaissance).

Vingt ans après, le 15 mai 2001, le texte autographe du Voyage au bout de la nuit (876 feuillets) a été vendu au prix de 11 millions de francs (1 676 939 euros) à la Bibliothèque nationale de France. Compte tenu des frais d’acquisition, le texte a été finalement acheté 12,184 millions de francs (1 857 439 euros) : un record pour un manuscrit littéraire7. A titre de comparaison, le manuscrit du Procès, de Kafka, avait été adjugé 10 millions de francs (1 524 490 euros) chez Sotheby’s Paris, en 1988, et celui du premier tome de A la recherche du temps perdu, de Proust, avait atteint 7 millions (1 067 143 euros), lors d’une vente organisée par Christie’s, en 20008. L’exemplaire du Voyage a donc été préempté (salle Drouot, à Paris) par la Bibliothèque nationale de France (BNF), sous un tonnerre d’applaudissements du public. La BNF, qui avait déjà acquis neuf volumes des Mémoires d’outre-tombe de Chateaubriand pour 4 millions de francs (609 796 euros) en 2000, a utilisé cette fois trois sources de financement : ses fonds propres, le Fonds du patrimoine et un don personnel de Mme Nahed Ojjeh, principal mécène de cette institution et... veuve d’un marchand d’armes saoudien milliardaire, Akram Ojjeh (mort en 1991), fille du ministre syrien de la Défense, Moustapha Tlass, et ancienne intime de Roland Dumas... L’acteur Fabrice Luchini, fervent admirateur de Céline et grand lecteur du Voyage au bout de la nuit, qui assistait à cette vente, a déclaré « ne pas pouvoir dépasser les 4 millions de francs, sous peine de se faire tuer par (s)a femme ».

Le 29 juin 2001, le même comédien a eu tout le loisir d’exprimer sa vénération de Céline « grand écrivain », lors de la dernière de « Bouillon de culture », l’émission de Bernard Pivot. Invité à la même messe cathodique, Georges Charpak, ancien déporté à Dachau et prix Nobel de physique9, n’a pas laissé passer l’occasion de rappeler, dignement, que Céline était avant tout un antisémite exterminationiste, malgré les importantes pressions exercées sur lui, peu avant l’émission, pour qu’il ne dise rien à ce sujet ! Son intervention fut heureusement saluée par les applaudissements de plusieurspersonnes présentes sur le plateau du dernier « Bouillon deculture ».

Depuis cette date, les ventes de papiers céliniens se succèdent et produisent toujours plus debénéfices. En 2002, les 1565 feuillets du manuscrit de Nord ont été vendus au prix fort de quelque 400 000 euros par les Bolloré. L’engouement marchand se propage même des manuscrits jusqu’aux éditions originales des romans du docteur Destouches. Ainsi, lors d’une vente chez Sotheby’s, le 5 juin 2007, un exemplaire du tirage de tête du Voyage au bout de la nuit, dédicacé par Céline à René Gaffé, a été adjugé 120 000 euros ! A la même date, des exemplaires en éditions originales et sur papier de Hollande de Guignol’s band et de Mort à crédit ont atteint les prix déjà déraisonnables de 25 000 et 18 000 euros…

Madame Ojjeh, la famille Bolloré… Les mondanités particulières des fans du « bout de la nuit » se déroulent au sein d’un cercle étroit qui est aussi celui du pouvoir, pour ne pas dire du pouvoir extrême. Ainsi, le président de ce qui n’est plus réellement une République, Nicolas Sarkozy, n’a pas tardé à rejoindre ce beau linge en célinomanie10. Pour son cinquante-troisième anniversaire, en janvier 2008, il eut donc le bonheur sans mélange de se voir offrir par ses collaborateurs une lettre autographe de Céline à son avocat danois, Me Mikkelsen, datée du 4 janvier 1950, achetée chez l’expert Thierry Bodin (librairie Les Autographes, à Paris), dans laquelle l’écrivain vitupère, entre autres, contre les « affreux bafouillages » des journalistes…

Et comme le monde est petit, le président lettré ne pouvait tarder de rencontrer un des plus grands officiers actuels de la célinophilie, le comédien Fabrice Luchini, grâce (le détail mérite d’être relevé) à l’entremise d’Alain Carignon, ex-ministre éphémère de la Communication (1993), ex-condamné (en juillet 1996) à cinq ans de prison pour corruption, abus de bien sociaux, subordination de témoins… Le récit de cette touchante rencontre culturelle, lors d’un déjeuner organisé fin novembre 2010 au palais de l’Elysée, nous a été donné par Le Dauphiné Libéré daté du 4 décembre suivant.

Contacté par lesjournalistes de Grenoble, Fabrice Luchini a déclaré qu’il « n’en revenait pas ! ». Avant de poursuivre : « C’était un déjeuner très intéressant et je lui (NicolasSarkozy) ai récité les Conseil tenu par les rats de la Fontaine »11. Les rats ?…

Des rats, les célinomaniaques ? Peut-être, mais courant plutôt les salles des ventes que les bibliothèques (publiques). Des porcs12, aussi, certainement ! Je ne peux résister à mettre sous le projecteur, parmi tant d’autres, une vente aux enchères (Artcurial et Briest-Poulain-Tajan) de lettres de Louis-Ferdinand Céline à Georges Geoffroy et Paul Marteau, datées de 1948 et 1949, qui eut lieu le 14 décembre 2010, à l’Hôtel Marcel Dassault, sis rond-point des Champs-Elysées, à Paris. Dans ces petits tas de papier, le « lot 25 », une lettre à Geoffroy, datée de Copenhague – 1949, estimée à 1500 /1800 euros, fut adjugée 4800 euros13.

Au-delà de la bonne« performance » commerciale de ce courrier de quatre pages (c’est le fait habituel des autographes de Céline), il est édifiant de se pencher sur son contenu « poétique »14, contenu qui, semble-t-il, valorise d’autant la préciosité de la relique. Voici sa présentation par les vendeurs : « Lettre de Céline qui se lâche, n’a plus de retenue, les femmes, le sexe, entre hommes, la morale... "La vie en passant sur toi t’a laissé ce qu’elle vaut de mieux à offrir à un homme. Mais je te vois toujours chagrin à cause d’Hélène (sa femme qui ne tardera pas à revenir, mais Céline en dresse un portrait assez redoutable...). Tu l’aurais rendu un peu vicieuse, un peu partouzeuse, tu n’en serais peut être pas là. C’est le médecin qui te parles... médecin es parties honteuses. Elle n’aurait point trébuché à la ménopause... la femme possède un potentiel sexuel terrible... Je trouve que les petits fantasmes sexuels servent (...) cet aspect. Elles déflorent, mouillent, aspergent, la (foire) sexuelle terrible de nos compagnes. Vices ? Non hygiène mentale, glandulaire. Une bonne petite gouine dans ton foyer aurait tout arrangé. Ce qui est terrible c’est le romantisme de la quarantaine... Le Hammam. Les négresses, etc... Voilà des dérivatifs intelligents - je ne casse rien -. C’est de l’homéopathie sentimentale... Lafemme est animale. Il faut l’amuser et surtout amuser son derrière - sinon elle devient folle. AVEC NOTRE PAUVRE BITE, QUE POUVONS-NOUS PRETENDRE ! Il en faudrait 10 à 15 comme les nôtres. L’affection ne suffit pas- non plus hélas ! Si belle soit elle il faut faire la part du Serpent ... Le cocufiage c’est bien (si ce n’est ?) chantage, enfants, vérole etc. Il faut t’occuper aussi de ces parties sombres toi même... Je ne t’apprends rien après tout. Tu sais tout ceci - Les Harems ont cela de bon que les femmes s’y broutent tout à l’aise... le sexe à la vérité nous emmerde vite - la femme jamais…" (…) Lettre exceptionnelle. Georges Geoffroy, camarade de Louis Destouches (né, comme lui, en 1894) au 2e Bureau à Londres en 1915. »

L’historien Robert Soucy, professeur émérite au Oberlin College (Ohio, Etats-Unis), a perçu une dimension sexuelle dans l’antisémitisme du docteur Destouches : « Selon Céline, les Juifs ne se bornent pas à dominer la France sur les plans politiques, économique, social et culturel ; ils constituent en plus une menace sur le plan sexuel, et plus précisément homosexuel. Selon Céline, les Juifs sont des “enculés” qui prennent de force les Aryens par derrière. Se montrer docile avec les Juifs, c’est courir le risque de se faire violer par eux. (...) Ses envolées contre les Juifs expriment beaucoup de craintes et aussi une jalousie de nature sexuelle. D’après lui, les Aryens sont souvent violés par des Juifs dominateurs ; quant aux Aryennes, elles trouvent les Juifs particulièrement attirants. Les Juifs exercent la même fascination sexuelle sur les femmes que les Noirs : “La femme est une traîtresse chienne née. (...) La femme, surtout la Française, raffole des crépus, des Abyssins, ils vous ont des bites surprenantes.” Ainsi, dans l’univers mental de Céline, la misogynie et le racisme se renforcent mutuellement. »15

Le succès commercial spectaculaire des vieux papiers céliniens aux enchères actuelles signe clairement un retour synergétique du racisme et de la misogynie dans la culture de certaines « élites » françaises qui raffinent ainsi, sans doute, la toute-puissance économique et sociale de leur « révolte »16.

1 George Steiner : « Dans ce siècle de l’inhumain, peut-être du mal absolu, un siècle de massacres qui n’en finissent pas, et de la diminution de l’homme, de la diminution du statut de l’homme, en tant que victime et bourreau, (...) dans un capitalisme de plus en plus brutal, la véritable écologie, c’est le hurlement de triomphe de l’argent : la planète est à vendre quasiment partout. » (« L’homme, invité de la vie », dans Gérard Rabinovitch (sous la dir. de), Ethique et environnement, La Documentation française, 1997, p. 19).

2 La sociologie critique (dans la lignée de l’école de Francfort : Adorno, Horkheimer...) de l’art et du marché de l’art est une discipline particulièrement féconde. Citons seulement les travaux de Jean Baudrillard, Paul Virilio, Pierre Bourdieu.

3 J. D. (Jérôme Dupuis), « Céline a la cote », dans Lire, hors-série : Céline, les derniers secrets, sans date (paru le 26 juin 2008), p. 9.

4 Maxime Rovere, « Chez les bibliophiles, le soufre se fait or », dans Le Magazine Littéraire n° 505, février 2011, p. 80. Le Magazine Littéraire consacré au docteur Destouches a enregistré sa meilleure diffusion depuis trois ans…

5 Selon le « Fil des lettres » du Magazine Littéraire (13 mai 2011, http://www.magazine-litteraire.com/content/Breves/article?id=19224), « ces lettres témoignent aussi de son antisémitisme et de sa vision pré-négationniste des camps d’extermination : “La véritable histoire de Buchenwald doit être curieuse à connaître. Je suis persuadé qu'au fond de ces horreurs certains détenus ont connu une relative bonne vie, et certains ont fait fortune au marché noir”. Il pleure sur le sort de Pierre Laval, le maître d’œuvre de la Collaboration, qui a été exécuté à la Libération : “Il était pacifique, très pacifique, il détestait la violence et les guerres. Il était patriote, très patriote à sa façon bigote, pas raciste, bien sûr, mais nationaliste. Il aimait la France très profondément, ce qui n'était pas du tout la règle parmi ses ministres. Certainement qu'il a lutté tant qu'il a pu et avec succès contre les Allemands. Aucun doute c'est donc bien un martyr. Il faut être tombé bien bas dans la bêtise et la haine pour le fusiller.” »

6 Le Monde des livres daté 22 juin 2001, p. VIII. Les lettres de Céline vendues à Brest étaient adressées à un ami médecin de Quimper, le docteur Tuset.

7 L’histoire rocambolesque de cette vente historique a été racontée dans le détail par Jérôme Dupuis, dans Lire, hors-série : Céline, les derniers secrets (sans date), 2008, pp. 58 et 59. Elle met en scène, dans le premier rôle, Pierre Berès, dont la célèbre librairie de l’avenue Friedland est restée ouverte durant toute l’Occupation et fut alors assidument fréquentée par Ernst Jünger.

8 Le Monde daté du 17 mai 2001.

9 Georges Charpak, avec Dominique Saudinos, La Vie à fil tendu, Odile Jacob, 1993, et Mémoires d'un déraciné, physicien et citoyen du monde, Odile Jacob, 2008. Son témoignage sur Dachau est consultable en ligne sur le site « pour la mémoire des résistants et déportés du bataillon FFI d’Eysses » : http://bteysses.free.fr/Temoignages/Charpak.htm. L’incident opposant le physicien à l’acteur (complètement déconfit) est visible par internet : http://www.dailymotion.com/video/x8ubsc_fabrice-luchini-houspille-par-georg_news

10 En 1996, Nicolas Sarkozy déclarait à L’Officiel Hommes : « Tenez, prenez Céline. Voilà un homme qui n’était qu’un médiocre médecin de banlieue.Un jour, il écrit Voyage eu bout de la nuit. Cela me fascine ! » En 2008, lors d’un voyage en Inde, il confiait aux journalistes qui l’accompagnaient : « On peut aimer Céline sans être antisémite, comme on peut aimer Proust sans être homosexuel ! » (Jérôme Dupuis, « D’un château l’autre »,dans L’Express du 18 juin 2009) No comment…

11 L’acteur, en toute modestie, affirme que Nicolas Sarkozy a « découvert Céline dans (s)es spectacles » et aussi que le président de la République est « venu voir (s)on Céline quatre fois »… (Christophe Barbier, « Fabrice Luchini : “Je suis un vagabond idéologique” », dans L’Express du 8 mai 2010)

12 Cf. la dénonciation virulente des libertariens et de l’« anarcho-mercantilisme » par Gilles Châtelet, dans Vivre et penser comme des porcs ; De l’incitation à l’envie et à l’ennui dans les démocraties-marchés, Exils Editeur, collection Essais, 1998.

13 http://www.auction.fr/FR/vente_livres_autographes/v15928_artcurial_briest_poulain_tajan/l2742621_louis_ferdinand_celine_lettre_georges_geoffroy_1949_.html

14 Pour reprendre la terminologie du grand célinien Henri Godard : La Poétique de Céline, Gallimard, collection Bibliothèque des idées, 1985.

15 Robert Soucy, Fascismes français ?1933-1939 ; Mouvements antidémocratiques, Collection Mémoires, Editions Autrement, 2004, pp. 415-420.

16 Christopher Lasch, La Révolte des élites et la trahison de la démocratie, Climats, 2003, et Flammarion, collection Champs, 2010.